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El Diablo's Blog

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31 octobre 2004

Il fait gris, il fait froid, j'ai guetté toute la

Il fait gris, il fait froid, j'ai guetté toute la journée un peu de lumière, mais je crois bien que le soleil est ailleurs.
Des gamins qui rigolent et se chamaillent.
Des rappels que tout continue.
Je suis restée toute la journée imprégnée d'un rêve presque nauséeux ; il me disait une fin possible à cette histoire qui a oublié son point de départ.
"Ici !"
Quoi ? qui me dit cela ? Ici, sur cette page blanche ? Certainement, peut-être pas. Mais cela y ressemblait. C'était d'ailleurs un jour comme celui-ci, triste, long, sans aucune promesse de gaieté. J'avais dû me crever les yeux toute la journée pour sortir des bases informatiques des trucs rigolos qui assurément allaient ravir mes chefs.
Je m'ennuyais en rentrant chez moi. Je portais lourdement ma trentaine et son chapelet de désillusions. Etrange, aujourd'hui, 7 ans plus tard, je me sens plus jeune, plus morpione. Comme si j'avais trouvé une recette pour ne plus grandir.
Il y avait eu ce déferlement de mails dans ma boite après une erreur de "haute" débutante, à laisser toutes mes coordonnées, téléphone de travail, numéro de fax, bâtiment, nom de la société. Mais au milieu de tout cela, y’avait eu un petit gars, un bon petit diable, avec beaucoup d’innocence qui m’avait demandé tranquillement, sans aucune gêne : dis, tu veux pas m’écrire un truc pour faire gicler ma voisine du dessus ? J’peux pas écouter ma musique, elle passe son temps à se jeter avec son mec. Alors, tu m’écris une lettre de rupture (style, la maîtresse de son mari qui laisse le truc négligemment sur la commode de l’entrée) et après je te fais voyager par nos échanges.

Why not ? Mme Chiche prête au rendez-vous.

Je n’ai rien mesuré, surtout pas ce midi d’été, devant le coffre ouvert de ma voiture, à le laisser toucher mon corps alors que j’essayais de lui rendre son sac à dos. Derrière, la gare nous contemplait. J’avais une envie folle qu’il me prenne sur-le-champ, sur le bitume brûlant. Je lui ai juste bouffé sa bouche, et j’ai léché mes lèvres toute l’après-midi, pour ne rien perdre de son goût.

Invraisemblable. Huit mois de correspondance assidue, une rencontre de principe, histoire de mettre un visage sur des écrits.

Et prends-toi cela en pleine figure : c’est le coup de foudre, la miss. Couleur cannelle, ambrée, acidulée. Pure folie. Je m’y jette et je n’en perds rien.
C'est tout pour ce soir, il est vraiment tard. Mais...

J’écris. Je continue. Demain, je recommencerai.
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30 octobre 2004

Il est à peu près la même heure que… Je suis dans

Il est à peu près la même heure que… Je suis dans ma chambre d’hôtel. Enfin, presque. Il fait encore doux dehors et j’ai le corps enflammé, pas vraiment sure de ce qu’il m’arrive, ou continue.

C’était tout à l’heure, entre gare Saint Lazare et entrée « Hommes » des Galeries Lafayette. J’y étais depuis quelques instants, dans un surréalisme d’un retour à la normale, d’une revenue à ma vie, mon élan véritable, mon plaisir incontournable.

Dring ! Mon portable sonne : C’est moi, je suis Boulevard Poissonnière. Moi, pas, je ne pensais pas que… Tu es où ? (là, ici, je viens de l’écrire). OK, je te retrouve dans 10 minutes, ne bouges pas.

Je n’allais certainement pas bouger. J’ai juste réintégré mes écouteurs au plus profond de mes oreilles, un coup de Sting ; je scrute, je m’enivre des torrents humains parisiens. Ivre, c’est cela, d’un passé qui ressurgit, qui n’a pas bougé, d’un présent qui va s’échapper si vite.

Encore un coup de fil, sur un capitaine flamme désuet. Tu es aux escalators ? Non, dehors. Bouge pas, j’arrive.

Tu l’as déjà dit, mon gars et tu crois qu’après 3 ans je vais m’enfuir ? Tu oublies certainement mon côté chiche, je ne voudrais pas mourir avant d’avoir…

Alors je te voie. Simplement, traversant la rue, au milieu d’autres, sans rien de différent, yeux noirs et tendus vers moi. Je ne cherche rien d’autre d’ailleurs, tu es là, rien ne m’importe. Et tu me serres fort, si fort. Mon cœur s’emballe, je me fous éperdument que tu te sentes martelé par ses rebonds. Je reprends, le temps d’un soupir, le véritable cours de ma vie.

Voilà, c’est simple.

J’ai refermé la porte tranquillement après ton départ, insouciante de notre lendemain, confiante dans nos prochaines étreintes, inconsciemment persuadée que le temps allait encore me jouer de mauvais tours.

J’ai éteint la lumière avec mes lèvres tendres de tes baisers. Je me sentais douce comme le beurre chaud, moelleuse comme ces longues journées sur mes plages dorées, à guetter l’eau vive qui effleure mon corps abandonné.

Le lendemain est revenu, froid et humide, avec son frère surlendemain encore plus glacial, une semaine noire dans un Paris que j’aurais presque dû haïr. J’ai préféré courir au devant d’un train le vendredi soir, le plus vite possible, en blaguant avec un taxi bien sympathique, mes valises pleines de bouquins techniques, mon dos fatigué, ma tête perdue de n’avoir pu te dévorer mieux, plus, encore.

A Bordeaux, les oiseaux chantaient tard dans la nuit et j’ai vu la Victoire bondée de badauds prêts à faire la fête, je me suis glissée entre les murs de ma maison, pleine de courage pour affronter le quotidien, le banal, le tout les jours, sans toi, encore et toujours.

J’écris. Je continue.

Demain, je recommencerai.

Parce que tu es mon plaisir.
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